Illusion optique 11

Cette charpente et ce plancher gigantesque des concepts, auxquels l’homme nécessiteux se cramponne durant sa vie et ainsi se sauve, n’est plus pour l’intellect libéré qu’un échafaudage et qu’un jouet pour ses œuvres d’art les plus audacieuses ; et lorsqu’il le casse, le met en pièces, le reconstruit en assemblant ironiquement les pièces les plus disparates et en séparant les pièces qui s’imbriquent le mieux, il révèle qu’il se passe fort bien de cet expédient qu’est l’indigence, et qu’il n’est plus désormais guidé par des concepts mais par des intuitions (…) Pour elles, le mot n’a pas encore été forgé, l’homme devient muet quand il les voit ou ne parle que par métaphores interdites et enchaînements conceptuels inouïs jusqu’alors, pour répondre de façon créatrice à l’impression que fait la puissance de l’intuition présente, au moins par le dérision et par la destruction des vielles barrières conceptuelles.








